S’inquiéter pour tout et pour rien !
Vous avez l’habitude de vous inquiéter pour tout et pour rien ? Vous partez dans des ruminations mentales qui tournent en boucle sans rien résoudre, gâchant votre journée, votre sommeil, voire vos vacances ? Alors cet article est fait pour vous.
L’imagination et la réalité : le cerveau ne fait pas la différence
Chaque fois que nous nous remémorons une situation du passé ou anticipons un scénario futur, nous vivons la scène en imagination comme si elle se produisait réellement.
Notre cerveau ne fait pas tout à fait la différence entre le réel et l’imagination. C’est pourquoi vous pouvez saliver si vous pensez au bon poulet frites de la cantine de votre travail. Si je vous assure, le cuisinier est excellent, et il vous reste une demi-heure à attendre.
Nous réagissons à ces images mentales, rejouant dans notre esprit ce que nous aurions pu faire différemment, ce que nous aurions pu dire à la place de ce que nous avons dit.
Une anecdote personnelle : le débat sur le gluten
Un après-midi tranquille, je rendais visite à un ami. Nous étions contents de nous retrouver pour des échanges que nous aimions bien. Cependant, un sujet a mené à un débat inattendu sur les effets bénéfiques d’arrêter le gluten. Le débat s’est intensifié, chacun de nous campant sur ses positions avec passion.
Sur le moment, l’atmosphère s’est chargée d’une tension légère, chaque argument semblant creuser un fossé entre nos perspectives.
En partant, je ruminais encore, me sentant légèrement frustré et inquiet d’avoir peut-être gâché notre amitié. La rumination aurait pu durer encore longtemps, alors qu’à ma grande surprise, je reçus un message de mon ami.
Il y exprimait sa gratitude pour cette conversation stimulante, soulignant combien de tels échanges comblaient sa soif de savoir. Il ne tenait aucunement rigueur de notre désaccord, contrairement à ce que j’avais pu croire. D’autant plus que la conversation n’avait duré que quelques minutes et que nous avions changé de sujet.
La focalisation sur les détails négatifs : une habitude nocive
Est-ce que cela vous est déjà arrivé, d’oublier tout le bon moment que vous avez passé pour vous focaliser sur un détail d’une chose qui s’est mal passé. Le pire, c’est que cela devient une habitude nocive comme celle de fumer ou de trop manger de sucreries.
Alors, comment changer cela ? Pour commencer, il est utile de remarquer la connexion entre trois types d’expérience :
- L’imagerie mentale d’événements passés ou futurs.
- Vos pensées anxieuses concernant ces événements.
- Les sensations corporelles d’anxiété ou d’agitation.
La pleine conscience : observer sans réagir
Dans l’exemple de la visite avec un ami, vous pourriez commencer par remarquer que vous rejouez l’image de l’expression contrariée de votre ami.
Puis, vous pouvez observer vos pensées anxieuses et autocritiques concernant la situation.
Enfin, quittez votre mental pour voir ce qui se passe dans votre corps. Souvent, nous restons concentrés sur les images et les pensées, mais nous oublions les émotions de notre corps. Cela peut être une oppression thoracique, une tension dans la nuque, une gêne au ventre…
Au fur et à mesure que vous commencez à porter une attention concentrée et sans réagir à ces trois éléments, une chose magique commence à se produire. Remarquer les sentiments agités dans votre corps ne les fera pas disparaître instantanément, mais cela en atténue l’effet.
Mon expérience personnelle au Futuroscope
J’ai pu moi-même expérimenter cela en allant m’exposer à ma légère peur du vide au Futuroscope. Certains d’entre vous connaissent peut-être l’attraction « Danse avec les robots ».
Dans la file d’attente de cette attraction, j’ai observé l’image que j’avais de moi en train d’éprouver une peur horrible lorsque j’aurais la tête en bas. J’ai observé ma pensée, « ça va être très long », alors que cela ne dure qu’une minute ou deux.
Puis j’ai observé mes sensations, une boule dans le ventre, la peur au ventre comme on dit.
Lorsque je suis monté dans le siège, la peur n’avait pas disparu mais avait diminué de moitié. Assez pour me faire apprécier le niveau 2.
J’ai récidivé l’année d’après en faisant le niveau 3 et j’ai vraiment aimé ce shoot d’adrénaline, moi qui avais peur il y a quelques années lorsque j’avais fait le niveau 1.
La pleine conscience selon Christophe André
Cette observation s’appelle la pleine conscience. Elle a été beaucoup développée par le psychiatre français Christophe André, qui préconise aussi la méditation.
Regarder l’anxiété comme un phénomène normal, un mécanisme de protection de notre cerveau peut vous éviter de vous lancer dans des scénarios catastrophes.
Ne pas laisser les pensées anxieuses prendre racine
Une pensée anxieuse ou une image effrayante que l’on observe sans réagir peut ne pas disparaître, mais elle peut déclencher un sentiment moins négatif dans votre corps.
Plus vous pratiquez cette méthode, plus vous empêchez progressivement l’inquiétude de prendre racine comme une habitude.
Conclusion : un esprit sans nid pour les soucis
Comme l’écrit Richa Shikha Jain, les soucis et les tensions sont comme des oiseaux. Nous ne pouvons pas les empêcher de voler près de nous, mais nous pouvons certainement les empêcher de faire un nid dans notre esprit.
